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Quoi de neuf ?

"J'étais sa petite sœur"


J'ai connu "de loin" les Communautés Chrétiennes de Formation, dès leur création. J'ai toujours pensé que les scandales sexuels qui avaient secoué les FMN et son fondateur dans les années 90 avaient pris définitivement fin avec son exclusion.

C'est au travers du collectif et du site "Choisir la lumière" que j'ai appris la portée de ses actes de l'époque, qu'il pratiquait au cours des sessions ou rendez-vous privés qu'il appelait "accompagnements de croissance". Ces femmes n'étaient pas toutes consentantes et le fondateur a profité de leur état de sidération ou d'emprise pour les violer.


Un sentiment sans fin de révolte, de douleur, d'incrédulité et de violence. J'ai pris peur qu'il ne soit pas guéri de ses comportements pervers. La position actuelle du fondateur au sein de l'église orthodoxe l'a à nouveau mis en situation de pouvoir et d'influence.


Aujourd'hui, je ne peux plus faire autrement que de témoigner :


Le fondateur a 7 ans de plus que moi. D'aussi loin que je me rappelle, je ressens son mépris, sa volonté de m'humilier, me manipuler, me conditionner, de faire de moi "sa chose", en un mot : son chien. Je devais lui obéir. Un mouvement de ses yeux et je devais enlever ma culotte. Je ne voulais pas, mais c'était impérieux. J'avais tellement peur. Ça s'abattait sur moi : une malédiction qui me roulait sur tout le corps. Au début, pendant un an, c'était des attouchements.


Puis vint le viol, le vrai, celui qui vous fait perdre votre pureté d'enfant. Il me mettait un mouchoir dans la bouche pour étouffer mes cris. Il me disait que maman allait mourir si je lui en parlais. Je ne comprenais rien à ce qui m'arrivait. Je croyais qu'il utilisait un bâton pour me pénétrer. Il m'a pénétrée avec une telle violence que ma tête a éclaté. Je suis sortie de mon corps. J'ai perdu ma vérité, ma mémoire, mon identité, la conscience même que j'avais une identité. Je n'étais plus qu'une poupée de chiffon que chacun pouvait utiliser selon son bon vouloir. Et ce jusqu'à ce que je réintègre mon corps, en 1985 et que je retrouve la mémoire, en 1999. J'étais sa petite sœur. Il avait 14 ans, j'en avais 7.


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3 Comments


elisabeth michaut
elisabeth michaut
Jan 30

Depuis la lecture du témoignage de la petite soeur de Jean Michel, je voudrais lui répondre si tant est qu'il y a quelque chose à répondre. Je vous crois, Madame. Vos paroles sont sans équivoque. Elles sont aussi d'une grande puissance. C'est le propre d'un authentique témoignage. Votre courage me laisse un sentiment d'espoir pour que la parole des femmes se libèrent encore et encore dans toutes les spères de l'humanité et que cesse la souffrance à jamais de ce vécu de domination en toute impunité pour les générations futures. Nous ne nous connaissons pas mais, sachez, Madame, que je pense profondément à vous dans mon quotidien. Je vous adresse toute mon affection.


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annie.dubois2
Dec 21, 2023

"Je voudrais dire merci à la personne qui vient de temoigner pour son courage. Merci parce que il y a un avant et un apres quant a la profondeur du probleme chez le fondateur qui n'est pas d'abord un decollage mystique mais une profonde maladie perverse. Ce temoignage glaçant m'a mise devant la mechancete, brutalité dans la personne du fondateur bien avant 1974,sur une enfant de 7 ans. C'est monstrueux. Cela ne minimise pas les autres temoignages bien sûr, pour rien au monde.

Je serai heureuse que mon message lui soit transmis."

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annie.dubois2
Dec 21, 2023
Replying to

Ci-dessus, j'ai mis en ligne la réaction d'une personne qui a lu le témoignage sur notre site. Ce n'est pas de moi. Annie

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